Sainte Victoire (on going)

La montagne Sainte-Victoire, près d'Aix-en-Provence, est le sujet de près de 80 œuvres du peintre français Paul Cézanne. Véritable fixation pour l’artiste, il consacra une partie de sa vie à cette montagne, sa montagne. Mais que reste-il de la Sainte Victoire de Paul Cézanne?

J’observe cette montagne depuis plusieurs années, véritable frontière entre milieu naturel et zone urbaine, elle qui reste figée dans l’espace, immobile, mais pourtant si vivante. Elle, véritable éminence qui domine une ville et une campagne mais dont le sommet paraît si lointain. Elle qui fut entièrement calciné par un incendie en 1989. Elle qui se dévoile tout en restant inaccessible. Elle, qui observe l’ouest sans relâche, fixant son regard sur notre ville et sur son territoire qui se réduit au fil du temps.

Ce qui semblait être un sujet clair c’est avéré un casse tête, comment photographier la Sainte-Victoire? 

L'extension anarchique des villes est une véritable menace écologique pour l'humanité, les scientifiques estiment que plus de 70% des émissions actuelles de CO2 sont liées aux besoins des villes. Pourtant, «dans le monde entier, on adopte les styles d'urbanisme et architecturaux "occidentaux", qui sont gourmands en ressources et trop souvent inadaptés aux conditions climatiques locales. La banlieue nord-américaine s'est exportée dans le monde entier, avec son modèle organisé autour de la circulation en voiture individuelle» explique le professeur Karen Seto de la Yale University.

J’ai cherché à confronter deux mondes qui semblent incompatibles et qui pourtant cohabitent sans règles évidentes. Photographier l'espace urbain dans un contexte environnemental plus large, avec comme seul repère la montagne Sainte-victoire pour comprendre comment le monde façonne les paysages urbains et comment les paysages urbains façonnent le monde.